Première saison : la création de Nay

De la légende à l’Histoire

 

Les villages de Lapause, Ste-Christine et Garue ont réellement existé. Ils ne sont pas dénombrés en 1385, lors du recensement de Gaston Fébus et avaient donc disparu à cette date. Ils se trouvaient le long du chemin d’Henri IV, entre Lagos et St-Vincent. Il n’en reste qu’un vestige de tour ronde au lieu-dit « Gleisa-Pausa ». Lors de défrichements, aux lieux-dits « Garue de Lourrou » et « Garue de Bordères », des paysans ont signalé avoir détruit bon nombre de fonds de cabanes, rondes pour la plupart : ce devait être les fondations du village de Garue.

 

Ces villages ayant disparu alors que Nay se recréait, on peut penser que les populations se sont déplacées des sommets vers la plaine plus fertile et plus accessible. D’ailleurs, dans son « Histoire du Béarn » Pierre de Marca écrivait :

« Les clercs de Ste-Christine achetèrent [en 1120] une grande étendue de terre appelée communément Nai, où quelques temps auparavant, il y avait eu un bourg pour lors entièrement démoli et ruiné. Ils firent cet achat pour 160 sols et un cheval. Incontinent après cet achat, ils eurent dispute avec l’église de Lescar, touchant le lieu de Lapause qui avait été donné à ceux de Lescar par Odo de Denguin… » et plus loin « Sance voulut augmenter les revenus de l’église de Lescar et accrut le domaine ecclésiastique par les donations de plusieurs beaux villages, terres, dîmes (…) : le lieu et l’église de Garue… »

 

Les clercs de Ste-Christine du Somport étaient très puissants et présents sur une bonne partie du Béarn. Ils avaient fondé l’Hôpital de Ste-Christine du Somport, en Espagne, mais aussi celui de Mifaget (en 1100), les commanderies de Gabas et Nay... Ils étaient probablement possesseurs du village de Lapause, premier construit, qui donna naissance aux deux autres. Bien avant, Lapause aurait abrité un relais, lorsque l’antique chemin était une active voie romaine.

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